La journée des îles se gagne à 9 heures du matin et se perd à 11 heures : tout est une affaire d'ordre. Les cars déversent leurs groupes sur Isola Bella en milieu de matinée ; celui qui visite le palais à l'ouverture le traverse presque seul, puis navigue à contre-courant du flot le reste du jour. Voici comment faire.
Les billets, simplement
Deux dépenses distinctes. Le bateau : depuis Stresa (embarcadères piazza Marconi pour les lignes publiques, Carciano pour les navettes privées), prenez un billet journée multi-îles, il autorise toutes les boucles Bella–Pescatori–Madre. Les sites Borromée : palais et jardins d'Isola Bella, palais et parc d'Isola Madre se paient à part ; le billet combiné deux îles est plus avantageux dès lors que vous visitez les deux, et s'achète en ligne pour éviter la file du matin. L'Isola dei Pescatori, elle, est libre : c'est un village, pas un monument.
9 h : Isola Bella, par le palais
Premier bateau, et directement au palais à l'ouverture : salles baroques, lustres de Murano et les étonnantes grottes de coquillages en sous-sol, fraîches comme une source. Puis les dix terrasses du jardin, montées en pyramide au-dessus du lac, licornes de pierre, agrumes, et les fameux paons blancs qui posent sans se faire prier. Deux heures bien employées ; à 11 h, quand la foule arrive, vous reprenez le bateau.
12 h 30 : Pescatori, à table
L'Isola dei Pescatori ne se visite pas, elle se déguste. Un tour des ruelles en vingt minutes, puis une terrasse au bord de l'eau : poisson du lac, perche, lavaret, anguille pour les classiques, et vin blanc des collines. Réservez en saison pour les tables en premier rang. Après le café, le quai nord, face à la Madre, offre la sieste la plus photogénique du Piémont.
Le flot standard fait Bella → Madre → Pescatori. En déjeunant tôt chez les pêcheurs et en gardant la Madre pour 14 h 30, vous croisez les groupes au lieu de les suivre. Dernier retour vers Stresa en fin d'après-midi, vérifiez l'horaire du dernier bateau à l'embarcadère dès le matin, il varie selon la saison.
14 h 30 : Isola Madre, le jardin des jardins
La plus grande des trois îles est un parc botanique continu : glycines en avril, le célèbre cyprès du Cachemire relevé après la tornade de 2006, serres, et des faisans dorés qui traversent les allées comme chez eux. Le palais, plus intime que celui de Bella, cache un théâtre de marionnettes d'époque. C'est l'île des amoureux de plantes et du calme, une heure trente à deux heures au pas de promenade.
17 h : le retour par Carciano et le lungolago
Au débarquement, prolongez : le lungolago de Stresa jusqu'à la piazza Marconi, glace à la main, palaces 1900 d'un côté, îles de l'autre dans la lumière du soir. Si les jambes suivent, le funiculaire-télécabine du Mottarone part de Carciano même : coucher de soleil sur sept lacs, retour en trente minutes.
Avec des enfants, sous la pluie, hors saison
Enfants : paons de Bella + faisans de Madre + bateau = journée gagnée d'avance ; les grottes de coquillages font toujours leur effet. Pluie : le palais d'Isola Bella mérite une visite lente, et les pêcheurs servent à couvert, la boucle fonctionne. Hors saison : de novembre à mi-mars, palais et jardins ferment ; les bateaux continuent vers Pescatori, qui retrouve sa vie d'île, une autre poésie, pour le prix d'un billet simple.
